Cette année le mois de Mai était le mois de la Diversité Européenne…le mois où nous célébrons la beauté de ce monde, que certains appellent “différences”. Mes amis vous diront combien je suis passionnée par le sujet de la diversité. Je suis moi-même le produit de la rencontre de plusieurs cultures.

Mais pour je ne sais quelle raison, lorsque le thème du mois Juin était annoncé pour le blog, j’ai pris peur. Je craignais en effet de dire quelque chose de travers ou de mal exprimée qui puisse blesser.

Après trois semaines à regarder une page blanche, j’ai décidé de partager ma vérité en espérant qu’elle résonne parmi vous et que vous apprécierez cet article plus personnel que de coutume.

DIVE-R-CITE

Photo by Gaelle Couberes

Il y a plusieurs centaines d’années, mes ancêtres pêcheurs italiens émigrèrent de Procida (une petite île à proximité de Naples) pour Oran ( Algérie alors terre française) dans l’espoir de trouver une vie meilleure. Ils ignoraient que leurs filles (et notamment ma trisaïeule) épouseraient là-bas des pêcheurs espagnols originaires d’Alicante (Espagne).

130 ans plus tard, en 1962, la France signait les Accords d’Evian, accords poussant ma famille multi-culturelle au rapatriement en France. Après plusieurs mois sur la route, elle finit par se fixer à Toulouse (France). Pendant des décennies, ma famille vécut dans des habitats à bon marché parmi d’autres “Pieds Noirs” (nom familier désignant les français originaires d’Afrique du Nord), juifs et musulmans. Alors que ces familles -comme la nôtre — n’avaient rien, elles partageaient tout : des recettes de famille ramenées d’Algérie qu’elles cuisinaient pour leurs fêtes religieuses. Ma grand-mère m’a toujours dit que ces premieres années en France, bien que difficiles, faisaient partie de ses meilleurs souvenirs car ces familles, toutes rapatriées subitement et sans rien pouvoir emporter de leur pays d’origine, se reconstruisaient grâce à l’espoir, la tolérance, la solidarité et l’entraide.

Plusieurs décennies plus tard, j’ai été élevée dans une petite ville du sud de la France : Toulouse, avec un sentiment profond d’être “Pied Noir”. J’ai grandi en mangeant toutes sortes de nourriture (françaises, italiennes, espagnoles et orientales), j’ai appris l’espagnol dès mon plus jeune âge au sein de ma famille et j’ai fait “ami-ami” avec tous les étrangers de l’école. C’est enfin adulte que j’ai compris que, comme eux, je me suis toujours sentie déracinée.

Bien que Toulouse soit ma ville natale légale, mes villes natales de coeur sont Oran, Procida, Alicante….

Je rentre chez moi…

Photo by Gaelle Couberes of Procida

Si comme moi, vous vivez dans une ville qui n’est pas la vôtre, vous connaissez ce manque latent, comme une sensation de marcher avec un coeur à moitié plein jusqu’à ce que votre avion atterisse enfin chez vous !

Je n’ai jamais realisé combien mon héritage culturel faisait partie de mon identité jusqu’à ce que je voyage en Espagne puis en Italie quelques années plus tard. C’est comme si j’avais enfin trouvé à Alicante puis à Naples les pièces manquantes de mon puzzle. C’est comme si j’étais enfin chez moi !

Tout me paraissait familier, de la couleur des bâtiments aux odeurs des épices mais le plus incroyable était que je me retrouvais dans le visage des autochtones.

D’un côté, je pense que vivre dans une ville étrangère peut être difficile car nous devons constamment adopter des codes culturels qui ne sont pas les nôtres. Mais d’un autre côté, il me semble que cet impératif de jongler entre ce que nous sommes vraiment et ce que nous devons paraître pour nous “ fondre dans la masse “, nous a permis de développer une flexibilité psychologique et une conscience supérieure de notre identité.

Changer de codes mentalement, émotionnellement et physiquement est un véritable art !

Nous sommes le monde…

Enfin, quand je pense au mois de l’Europe et de la Diversité, je pense au besoin de refuser les inégalités persistantes de notre société encore peu inclusive. La force de notre société (ethnicité, religion ….) réside plus que jamais dans la richesse et la complémentarité de nos différences.

Si cette pandémie nous a appris une chose, c’est le pouvoir de l’échange entre personnes pour notre santé mentale, psychologique et physique car nous nous nourrissons des différences des autres.

Après tout, nous sommes des créatures capables d’Evolution !

Le changement commence avec nous, il commence aujourd’hui et il commence en célébrant nos différences. Michelle Obama comme d’habitude le dit mieux que personne : “Vous voyez nos incroyables différences — nos différences de religion, de couleurs et de racines -elles ne sont pas une menace; elles sont qui nous sommes.”

This blog contribution was made by Gaelle Couberes.

Gaelle is originally from France though a Londoner at heart, who believes in the power of sisterhood; championing both diversity & inclusion and mental health. Gaelle works in the beauty industry as a senior innovation manager, taking pride in being a content creator and a mentor.

In 2020, Gaelle became a mentor for the LMF mentoring programme and in 2021 is crafting content for the blog.

Stay tuned for her regular blogs in English and French.

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